Accusé de viol sur sa belle-fille âgée de 12 ans : Le maître coranique Moussa Seydi risque 10 ans ferme

Né en 1971, le maître coranique et marabout Moussa Seydi a comparu ce vendredi, devant le tribunal des flagrants délits de Dakar pour des faits de viol sur mineure et pédophilie au préjudice de sa belle-fille, R.S âgée de 12 ans. Si toutefois, le juge suit le réquisitoire du parquet le 17 avril prochain, le prévenu va croupir les dix prochaines années de sa vie en prison.
Domicilié à Colobane, le maître coranique doublé de marabout, Moussa Seydi est accusé de viol par la fille de son épouse, R.S, âgée de 12 ans. C’est avec les yeux embués de larmes que celle-ci, a raconté difficilement ce vendredi, à la barre du tribunal des flagrants délits, ses différents abus sexuels.

« Mon beau-père m’a violée à deux reprises. La première fois, il m’avait trouvé seule dans la chambre de ma mère en train de réviser mes leçons. Il m’a prise avant de me conduire dans la chambre où il enseigne et reçoit en même temps ses clients. Il a enlevé tous mes habits et mon slip avant de m’étaler sur son matelas posé à même sur le sol. Il m’a caressé pendant quelques minutes et lorsqu’il n’a pas pu introduire son sexe dans le mien, il y a mis son doigt », explique la fillette R.S, teint clair, taille très petite, vêtue d’un taille basse en wax de couleur rose.

Avant de poursuivre : « La deuxième fois, il m’avait trouvé en train de laver les ustensiles dans la cour. Il m’a appelé dans la même chambre avant de me contraindre à nouveau à une relation sexuelle avec lui. Et à chaque fois, il me menaçait d’abréger ma vie, ainsi que celle de ma mère si je le dénonçais ».

Interpellé à son tour, le maître coranique, Mohamed Seydi, 46 ans s’inscrit en faux contre les déclarations de sa présumée victime, avant d’accuser sa femme d’adultère.

« Cette fillette raconte des contre-vérités. C’est sa mère qui a comploté contre moi. Parce que je l’ai une fois surprise avec un homme dans mon lit conjugal au mois de février 2017. Raison pour laquelle, j’ai refusé la paternité de la dernière fille qu’elle a mise au monde en Août 2017. Voulant se venger de moi, elle m’accuse de violer sa fille que j’ai toujours considérée comme étant ma propre fille », a-t-il souligné.

La civilement responsable de sa victime quant à elle, a indiqué : « Je n’ai aucun intérêt d’accuser mon mari gratuitement. C’est courant mois de mars dernier, que ma fille se plaignait des maux atroces au niveau de son bas ventre. Sur ce, je l’ai conduit à l’hôpital Abass Ndao. Une fois auprès de la blouse blanche qui devait la consulter, elle s’est mise à pleurer, tout en refusant que celle-ci, la touche. Il a fallu qu’on la presse de questions pour raconter ses mésaventures.

C’est après consultation que la sage-femme m’a dit d’aller porter plainte au niveau du Commissariat de la Médina. Avant même ce jour, j’avais une fois trouvé le slip de ma fille dans cette chambre où il enseigne ses élèves. Et lorsque j’avais interpellé ma fille sur la question, celle-ci n’avait rien dit. Comme je n’avais aucune preuve, je n’avais pas agi. C’est pour se disculper qu’il me traite d’épouse infidèle », relève l’épouse du maître coranique.

Me Abdoulaye Sène a par ailleurs, réclamé 50 millions de francs Cfa à titre de dommages et intérêts pour sa cliente après avoir demandé de déclarer le prévenu coupable. « Vous avez en face de vous un mythomane par excellence. Comment il peut porter de tels propos diffamatoires et attentoires à la dignité et, à l’honneur de son épouse ? L’expertise médicale a révélé que sa victime souffre de la même maladie sexuelle qu’il souffre. Elle a des pertes blanches nauséabondes sur ses parties intimes. Même s’il y’a absence de lésions hyménales », dénonce la robe noire.

« Les faits de viol sur mineure de moins de 13 ans sont constants. Le prévenu doit être sanctionné à la hauteur de la gravité des faits », souligne la représentante du Ministère public, avant de requérir dix ans d’emprisonnement ferme contre le prévenu.

Prenant son contre-pied, Me Kanouté a plaidé le renvoi des fins de la poursuite sans peine, ni dépens de son client.

L’affaire est mise en délibéré au 17 avril.

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