Pour fêter son anniversaire, Ndèye Marème Ndiaye vole les bijoux en or de sa mère

Ndèye Marème Ndiaye est une fille indigne qu’aucune mère n’aimerait avoir. Elle n’a rien trouvé de mieux à faire que de fracassé la porte de l’armoire de sa mère, Binta Guèye, pour y subtiliser des bracelets, bagues et pendentifs en or. Ce, juste pour avoir de l’argent pour organiser son anniversaire. Si elle a fait cet acte déshonorant, c’est à cause de l’étudiant en marketing Thierno Gningue. Ayant découvert ce vol, la dame Binta Guèye a porté plainte. Conséquence : sa fille Ndèye Marème Ndiaye et les présumés receleurs, les bijoutiers Mor Wade et Serigne Modou Mbar, ont été condamnés en première instance à 5 mois de prison ferme, avec 10 millions F à payer à la victime. Thierno Gningue lui, a été dispensé de peine. Devant le juge d’appel de Dakar où ils ont comparu, hier, pour vol, complicité de vol et recel, le Procureur général a requis la confirmation de la peine. Délibéré le 10 avril prochain.
Si la gamine Ndèye Marème Ndiaye n’est pas une fille exemplaire, l’étudiant en marketing Thierno Gningue l’est encore moins. En effet, ce dernier, qui prétendait être l’ami de la gamine et lui prodiguait de bons conseils, a fini par l’amadouer avant de lui conseiller de subtiliser les bijoux en or de sa mère Binta Guèye, d’une valeur de 20 millions. Pour ces faits, qui se sont passés à Rufisque, la victime, émigrée en Italie, avait réussi à acquérir cet or qu’elle avait minutieusement gardé dans un coffre-fort de son armoire, avant d’en confier les clés à Fatou Ciss, grande-sœur utérine de la prévenue. Selon la présumée voleuse, c’est sur instigation de son ami qu’elle a cambriolé sa mère. Quand le forfait a été découvert, les prévenus, Ndèye Marème Ndiaye, Thierno Gningue et les bijoutiers El Omar Samba Guèye, Diadji Guèye et Serigne Mor Wade ont été interpellés. Finalement, El Omar Samba Guèye et Diadji Guèye ont été relaxés par le juge en première instance. Tandis que Ndèye Marème Ndiaye et Thierno Gningue ont été condamnés respectivement pour vol et recel avec 5 mois de prison ferme, en sus d’une somme de 10 millions de dommages à payer à la victime Binta Guèye. Mais, le sieur Gningue a été dispensé de peine. Cette sentence a été aussi infligée aux présumés receleurs Serigne Mor Wade et Serigne Modou Mbar. Au cours de l’enquête, la victime racontait que 9 bracelets, 15 bagues, 9 pendentifs et 4 colliers en or lui ont été volés. Et l’enquête a montré qu’il y a eu deux opérations de vente de bijoux, une première fois à 350.000 F et une seconde à 400.000 F.
Mécontent de cette décision qui a été rendue par le juge de première instance, les receleurs Serigne Mor Wade et Serigne Modou Mbar ont interjeté appel.

Ndèye Marème Ndiaye avoue : «C’est moi qui ai dévalisé l’armoire de ma mère et volé l’or»

Devant le juge d’appel de Dakar hier, chacun a essayé de se soustraire à sa responsabilité pénale, alors que devant la barre du tribunal de Rufisque, ils avaient tout expliqué en détail. Pour sa part, la cambrioleuse Ndèye Marème Ndiaye a essayé d’enfoncer Thierno Gningue. «C’est un ami depuis 2016. Vu que mes parents sont divorcés, il me donnait beaucoup de conseils. C’est moi qui ai dévalisé l’armoire de ma mère et volé l’or. Et non lui. Il ne m’a pas forcé non plus à le faire. C’est moi qui l’ai appelé pour lui demander comment on ouvre le coffre. Une fois chez le bijoutier, Serigne Mor Wade, il m’a présentée comme sa sœur. Ainsi, il m’a demandé de le laisser marchander avant qu’il ne me floue, vu que je suis une fille. Et avec l’argent, j’ai fêté mon anniversaire et acheté un portable», explique-t-elle.

Le bijoutier Serigne Mor Wade produit une fausse facture à la barre

Pour sa part, l’étudiant en marketing Thierno Gningue a confié avoir reçu 100.000 F de l’opération de la vente. Mais, il s’est disculpé en soutenant ignorer l’origine frauduleuse des bijoux. Le bijoutier Serigne Mor Wade a ainsi souligné avoir acheté les bijoux en or que lui a vendus Thierno Gningue, sur la base de la confiance qu’il avait envers lui. Et curieusement, le prévenu, qui n’avait point déposé de factures lors de la procédure, s’est permis d’en apporter devant la barre du juge d’appel. Hélas, ce dernier lui a fait savoir que les mentions qu’ils comportent sont contraires à la date des faits, c’est-à-dire l’opération de vente.

«La seule responsable, c’est Marème. Elle n’a qu’à assumer»

Lors des plaidoiries, l’avocat de Thierno Gningue a expliqué avoir fait appel, puisque, selon lui, le premier juge n’a pas tenu compte du contexte de cette affaire pour distribuer les peines. Ainsi, il s’est attaqué à la fille de la victime. «La responsabilité première incombe à Ndèye Marème Ndiaye, qui a fracassé la porte de l’armoire de sa mère pour voler des bijoux. Elle a voulu nous faire croire que c’est sur instruction de Thierno qu’elle l’a fait. Elle est de mauvaise foi, parce qu’elle a essayé d’impliquer tout le monde. Est-ce que mon client savait sciemment que les bijoux ont été volés ou obtenus de manière illicite ? Je demande d’infirmer le jugement, parce qu’il ne peut pas être condamné, vu qu’il a joué un rôle secondaire en voulant l’aider. La seule responsable, c’est Marème. Elle n’a qu’à assumer. Je ne sais pas pourquoi le juge le condamne à payer solidairement 10 millions. D’autant que la partie civile n’avait pas rapporté la preuve qui montre que l’or s’élevait à 20 millions», peste la robe noire.

Me Abdou Aziz Djigo : «Marème est une fugueuse»

Me Abdou Aziz Djigo abonde dans le même sens en soulignant que le premier juge s’est trompé. Avant d’assener : «Marème est une fugueuse, elle l’a dit et c’est elle qui vous a dit avoir volé sur instigation de Thierno, ce qui n’est pas prouvé» ; et Me Djigo d’émettre le même souhait que son confrère. Pour Serigne Mor Wade, son conseil Me Diabel Samb a reconnu que son client a agi en bijoutier informel, parce qu’il n’a pas reçu de factures.

Le Procureur général : «les premiers juges ont pris la bonne décision»

Faisant ses réquisitions, l’Avocat général d’affirmer qu’il n’y a aucun élément qui prouve que Thierno Gningue a poussé la fille à subtiliser l’or de sa mère. Toutefois, il précise qu’il devait lui conseiller de retourner cet or à sa mère. «Mais il l’a conduit chez le bijoutier Serigne Modou Mbar où il l’a présentée comme sa sœur. Ce qui n’est pas le cas. C’est de guerre lasse que sa mère s’est jointe à la plainte de sa fille Fatou Ciss à qui elle avait confié les bijoux. Une mère n’enfonce pas sa fille inutilement. Nous pensons que les premiers juges ont pris la bonne décision et nous demandons de confirmer le premier jugement», dit l’Avocat général, pour qui les faits sont constants à l’encontre de Thierno Gningue, Ndèye Marème Ndiaye et Serigne Mor Wade.

Me Aboubacry Barro balance tout le monde

Me Aboubacry Barro, quant à lui, s’est fâché contre les prévenus. «Ils sont de mauvaise foi, parce que lorsqu’ils ont été entendus à Rufisque, ils étaient revenus sur la majeure partie de leurs déclarations. Serigne Mor Wade a brandi un reçu avec de fausses informations, aujourd’hui, pour les besoins de la cause, alors qu’il ne l’avait pas fait depuis l’instruction. Thierno Gningue n’a pas prouvé en quoi il est compétent. Il n’est autre qu’un étudiant en escroquerie. Il ne fait qu’escroquer les gens. Il a l’attitude d’un escroc. Et depuis quand les hommes se mêlent-ils des affaires de femmes ? Ce n’est pas l’attitude d’un gentleman», crie Me Barro, qui demande à la Cour de les déclarer tous coupables et de confirmer le premier jugement. Me Khoureichi Ba de poursuivre : «la victime n’a pas fait appel, même si cette décision n’a pas été rendue en son sens. On aurait dû ouvrir une information. Elle a dit réellement ce qu’elle a perdu et humainement, on n’enfonce pas sa fille. Elle n’a même pas pris un avocat pour la défense de sa fille. Elle est découragée et elle se remet au bon Dieu», révèle Me Ba. Le délibéré sera rendu le 15 avril 2019.

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